Mars 2001 : réédition en CD du disque Jacques Bertin chante Luc Bérimont (paru en 1988)

Bertin chante Bérimont

J'ai pris dans plusieurs recueils (Un Feu vivant, Reprise du récit, Les Accrus) des textes que j'ai adaptés -parfois démontés et remontés, certains même étant composés de vers extraits de plusieurs poèmes...- et qu'a mis en musique et orchestrés mon pianiste accompagnateur d'alors, Reinhardt Wagner.

La poésie de Bérimont est une avalanche : de mots, d'images, de sensations. Ainsi était-il dans la vie, hâbleur, et sur-actif; une gaieté permanente cachait les angoisses que l'on retrouve dans ses poèmes. Les critiques ont dit que c'était une poésie charnelle, terrienne, avide, sensuelle...

A part quelques textes écrits dans ce but (comme le célèbre Noël mis en musique par Léo Ferré), elle ne se prêtait pas a priori à la mise en chanson. J'ai dû souvent choisir et tailler dans le vif. Parfois aller chercher des vers dans plusieurs poèmes différents. Je suis certain que Luc s'en fût amusé. J'ai agi avec lui (il était mort depuis quatre ans lorsque je me suis mis au travail) avec une grande liberté, persuadé, l'ayant assez connu, qu'il aurait été d'accord.

Je n'ai jamais cessé, depuis que j'ai vingt ans, de chanter Noël, que j'avais entendu de Jacques Douai lorsque j'étais adolescent. Et depuis 1988, de chanter Le voyageur et Je t'attends aux grilles des routes, à la fois parce que ce sont de belles chansons, et parce que j'aime saluer cet ami par dessus les collines, et ainsi continuer à tracer le cercle de ma vie. Sans fidélité, l'homme n'est rien.

Jacques Bertin